On est ce que l'on veut être

Publié le par gaz-elle

80486598.jpgVoilà un bel article sur la confiance en soit… Je partage car c’est important pour notre vie de tous les jours. Merci à Justine du webzine « madmoiZelle » :

 

Puisque l’heure est au « feel good », causons cette semaine d’un concept psychologique un peu spécial : le sentiment d’efficacité personnelle, ou la confiance qu’un individu aurait dans ses capacités de mener à bien quelque chose…

 

Posé par Albert Bandura, professeur de psychologie à l’Université de Standord, le concept de « sentiment d’efficacité personnelle » (aussi appelé « sentiment d’auto-efficacité ») se définit comme la croyance que nous possédons en nos propres capacités de produire une tâche. Plus précisément, selon les termes de l’auteur, « l’efficacité personnelle perçue concerne la croyance de l’individu en sa capacité d’organiser et d’exécuter la ligne de conduite requise pour produire des résultats souhaités ».

 

En 2012, nous aurions pu dire que le SEP, c’est le sentiment d’avoir le swag, de faire des trucs like a boss, de faire péter le modjo, quoi. De fait, le SEP n’est pas une croyance en notre propre valeur, mais une croyance en nos aptitudes ; il n’est pas non plus une mesure des aptitudes réelles, mais de ce que l’on pense avoir comme aptitudes, ce que l’on croit pouvoir faire quelles que soient nos aptitudes effectives. Ça fait un peu trop « d’aptitudes » pour une seule phrase, mais vous me suivez ?

 

Évidemment, notre croyance en nos aptitudes peut être différente en fonction de l’activité : je peux penser être une méga-tête en anglais et une supra-quiche en mathématiques.

 

Manifestement, selon les études menées à ce sujet, un sentiment d’efficacité personnelle élevé permettrait d’obtenir des performances plus élevées. Ça veut dire quoi, qu’il suffit d’y croire pour réussir ? Pas vraiment.

 

En réalité, la théorie explique que si nous croyons pouvoir réussir, nous aurions plus tendance à organiser et réaliser certaines actions pour atteindre notre buts… Nous nous engagerions plus fortement dans l’action, en mobilisant plus de motivation et plus de ressources ; et lorsqu’une difficulté se présente, nous aurions plus tendance à persévérer et à maintenir nos efforts.

 

Musique à écouter

Les personnes aux SEP plus élevés dans un domaine particulier voient les difficultés comme des challenges plutôt que comme des menaces ; et si d’aventure ils doivent faire face à l’échec, ils l’attribueraient à un manque d’effort, ou une cause extérieure…

 

 

A l’inverse, les individus ayant un faible SEP (toujours dans un domaine particulier) auraient tendance à éviter les difficultés, qu’ils perçoivent comme menaçantes. De ce fait leur implication sera moindre et lorsqu’un obstacle se présentera, ils pourraient stopper leurs efforts plus rapidement et abandonner leurs objectifs. Face à l’échec, ils se centreraient sur leurs déficiences personnelles (tandis que les individus ayant un SEP élevé mettraient plus en exergue des causes « ponctuelles »… Pour schématiser, un individu au faible SEP serait plus à même de se dire qu’il ne peut pas y arriver, que c’est en lui, alors que quelqu’un au SEP qui déchire estimerait que son échec est dû à une erreur ou une cause ponctuelle…), et il serait plus compliqué pour eux de retrouver ensuite un sens d’efficacité.

 

Mais comment développe-t-on un sentiment d’auto-efficacité ?

  • en accumulant des expériences que l’on maîtrise et que l’on réussit (si j’ai réussi une fois, pourquoi échouerai-je la seconde ?)
  • en observant les expériences réussies d’autres personnes (s’il peut le faire, MOI AUSSI)
  • par la persuasion sociale, c’est-à-dire en écoutant les encouragements ou découragements des autres (manque de bol, il semble plus aisé de foutre en l’air le SEP de quelqu’un que de l’améliorer)
  • par des états physiologiques et émotifs (si je me sens stressée à l’approche d’une activité quelconque, je pourrais interpréter ma réaction comme un signe que je ne peux pas y arriver – et donc développer un faible SEP ; si je suis de mauvais poil – genre python royal qu’aurait pas bouffé son antilope mensuelle, mon humeur pourrait aussi affecter ma croyance en mes capacités)

Malgré tout, il est évident que la seule croyance que l’on va réussir ne peut pas suffire à créer notre réussite ; et l’approche de Bandura ne néglige pas l’influence essentielle de l’environnement sur les comportements. Selon le chercheur, nos cognitions (= croyances, pensées, émotions) pourraient influencer non seulement nos conduites, mais aussi notre manière de percevoir l’environnement. En ce sens, il y aurait là des influences réciproques homme-environnement : l’individu serait tant le produit que le producteur de son environnement.

 

Le concept développé par Albert Bandura a permis de multiples recherches dans des champs d’application tout aussi multiples et il a été constaté (entre autres) que : le SEP pourrait bien influencer notre carrière professionnelle (nous aurions de l’intérêt pour les activités dans lesquelles nous pensons réussir… Nous choisirions nos voies professionnelles, nos études pour partie en fonction des chances de réussite que l’on estime avoir avec elles) et aurait un rôle à jouer dans la parentalité (un individu au faible SEP aurait plus de mal à assumer le rôle parental).

 

Comme mentionné plus haut, le sentiment d’efficacité personnelle n’est pas quelque chose de fixe, il pourra varier en fonction des jours, des situations, de votre humeur au moment T, des domaines (à moins d’être mégalomane, je veux dire), etc… Mais peut-être pourrait-il être un allié de taille : si l’on prenait conscience de son importance, pourrait-on en faire un allier et développer des SEP de fou-fou ? Hein ?

Publié dans psycho - perso & sexo

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